Burkina Faso : le chef de la junte militaire Ibrahim Traoré dissout le gouvernement

Cette image distribuée par l'agence Sputnik montre le chef de la junte du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traore, lors d'une rencontre avec le président russe près de Saint-Pétersbourg, le 29 juill

Cette image distribuĂ©e par l'agence Sputnik montre le chef de la junte du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim TraorĂ©, lors d'une rencontre avec le prĂ©sident russe près de Saint-PĂ©tersbourg, le 29 juillet 2023. © Alexey Danichev, AFP (archives)

Le Premier ministre burkinabè, Apollinaire Joachim KyĂ©lem de Tambèla, a Ă©tĂ© limogĂ© et son gouvernement a Ă©tĂ© dissout, annoncĂ© vendredi un dĂ©cret signĂ© par le capitaine Ibrahim TraorĂ©, le chef de la junte au pouvoir. 


FRANCE 24

Le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a démis de ses fonctions le Premier ministre et dissout le gouvernement vendredi 6 décembre, selon un décret présidentiel transmis à l'AFP.

"Il est mis fin aux fonctions du Premier ministre", annonce le dĂ©cret signĂ© par le "prĂ©sident du Faso" – le capitaine TraorĂ© –, ajoutant que "les membres du gouvernement dissout expĂ©dient les affaires courantes jusqu'Ă  la formation d'un nouveau gouvernement".

Aucune précision n'a été fournie sur les raisons de cette décision.

NommĂ© au poste de Premier ministre en octobre 2022 Ă  la suite du coup d'État portĂ© par Ibrahim TraorĂ© en septembre de la mĂªme annĂ©e, Apollinaire Joachim KyĂ©lem de Tambèla a dirigĂ© trois gouvernements successifs.

Le Burkina Faso est plongĂ© dans une instabilitĂ© politique depuis dĂ©but 2022, oĂ¹ le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba s'Ă©tait emparĂ© du pouvoir par un coup d'État contre le prĂ©sident Roch Marc Christian KaborĂ©.

Paul-Henri Sandaogo Damiba a été évincé lors d'un second putsch huit mois plus tard, orchestré par le capitaine Ibrahim Traoré. Il est aujourd'hui en exil au Togo.


Dégradation sécuritaire

Avec le Mali et le Niger, également dirigés par des juntes militaires, le Burkina a tourné le dos à la France, l'ancienne puissance coloniale, en créant en septembre 2023 l'Alliance des États du Sahel (AES), dans le cadre d'un rapprochement avec d'autres puissances comme la Russie.

Lors d'un sommet Russie-Afrique en novembre à Sotchi (Russie), le ministre des Affaires étrangères burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, avait jugé la "coopération" avec la Russie "davantage adaptée pour le peuple" de son pays.

"C'est un pays avec lequel on peut faire des progrès", avait-il souligné dans une interview à l'AFP en marge de ce sommet.

Comme ses alliés au sein de l'AES, le Burkina est confronté à de nombreuses attaques de groupes armés jihadistes et près de deux millions de Burkinabè sont déplacés à cause du conflit.

Ces violences ont fait plus de 26 000 morts au Burkina depuis 2015, civils et militaires, dont plus de 13 500 depuis le coup d'État de septembre 2022, selon l'ONG Acled qui recense les victimes de conflits dans le monde.

Le Burkina, le Mali et au Niger avaient annoncé en janvier leur départ de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), une organisation qu'ils jugent instrumentalisée par la France.

Début juillet, ces trois pays avaient fait un pas de plus vers le divorce avec le reste du bloc ouest-africain en actant la création d'une confédération entre leurs trois États.

Cette confĂ©dĂ©ration de quelque 72 millions d'habitants ambitionne de "franchir une Ă©tape supplĂ©mentaire vers une intĂ©gration plus poussĂ©e entre les États membres", selon le communiquĂ© publiĂ© lors de sa crĂ©ation en juillet. 


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